Des chercheurs répondent aux tentatives de dénigrement du rapport de la LSE

jeudi 7 juillet 2005, par Meryem Marzouki
« We’re together on ID », déclarent au « Daily Telegraph » du 7 juillet 2005 20 chercheurs du Royaume Uni et d’autres pays ayant contribué au projet de recherche de la LSE, en réponse aux tentatives de dénigrement de ce rapport par le ministre de l’Intérieur britannique.

Charles Clarke, le ministre de l’Intérieur britannique, a mal supporté la publication par la London School of Economics (LSE) d’un rapport d’évaluation du projet de mise en place de la carte d’identité biométrique au Royaume Uni (voir en rubrique Documents). Il a violemment attaqué ce rapport par médias interposés, en tentant de le discréditer, présentant le rapport comme « techniquement incompétent », sans que ses services réussissent à y trouver la moindre erreur factuelle. Pour mieux tenter de disqualifier les résultats du rapport, Charles Clarke prétend qu’il est l’oeuvre d’un seul chercheur, qualifié de « partisan » et dénoncé comme étant « partial » vis-à-vis du gouvernement.

Le ministre de l’Intérieur a visé nommément Simon Davies, chercheur associé au département Systèmes d’information de la LSE, et directeur de l’ONG Privacy International, bien connue pour ses activités dans le domaine de la protection de la vie privée et des données personnelles. SImon Davies est effectivement, avec Gus Hosein (également chercheur associé à la LSE et membre de Privacy International), le coordinateur de ce rapport. Mais le rapport est l’oeuvre de plusieurs chercheurs : les études ont été menées par une équipe pluridisciplinaire de 14 chercheurs de la LSE, et ont bénéficié de l’apport d’une centaine de chercheurs, experts et représentants de l’industrie, du Royaume Uni et de pays étrangers.

Vingt d’entre eux ont adressé un courrier au Daily Telegraph pour réaffirmer leur attachement aux résultats de ce travail commun et leur solidarité avec Simon Davies. En conséquence, ils souhaitent s’« offrir en sacrifice au gouvernement [britannique] pour prendre [leur] part de ridicule et d’injure ».

Texte de la lettre publiée par l’édition du 7 juillet 2005 du Daily Telegraph :

« We’re together on ID

Sir - The Home Secretary and his ministers have repeatedly claimed that the LSE identity-card report has been inspired and controlled by Simon Davies, a visiting LSE academic. The assertion is both unfair and incorrect. Simon Davies has certainly played a valuable and inspiring role, but his has been one role among many.

We, along with many other professional colleagues, have worked diligently on this report. Our teams have striven over the past six months to ensure that the research is both comprehensive and correct. We see the recent aggression as a political tactic to undermine the research and to shore up the Government’s desperate portrayal of the report as "mad", "preposterous" and "rubbish".

No one person involved in this work would ever take sole credit for the report’s many achievements and no one person should suffer a kicking because of its remarkable impact. All of us fully stand by the report and its findings. We therefore collectively offer ourselves up in sacrifice to the Government for our share of ridicule and abuse.

- Professor Ian Angell, Department of Information Systems,
- Professor Ross Anderson, University of Cambridge,
- Dr Adrian Beck, University of Leicester,
- Dr Stefan Brands, Credentica,
- Dr Ian Brown, UCL,
- Professor Roger Clarke,
- Dr Alexander Dix, Privacy Commissioner for Berlin,
- Ian Dowty,
- Dr Brian Gladman,
- William Heath,
- Dr Gus Hosein,
- Professor Frank Land, Department of Information Systems,
- Meryem Marzouki, LIP6/PolyTIC-CNRS, France,
- Drs Sjoera Nas, co-director Bits of Freedom (NL),
- Joe Organ, Oxford Internet Institute,
- Nicholas Pauro,
- Daniele Pica, Department of Information Systems,
- Professor Angela Sasse, UCL,
- Gohsuke Takama, Japan,
- Sarah Thatcher, Department of Information Systems,
- Dr Edgar Whitley, Department of Information Systems,
- Rosemary Walsh »


Voir aussi en ligne la lettre au Times (édition du 2 juillet 2005) du directeur de la LSE, réfutant les critiques du ministère de l’Intérieur britannique.